Incontestablement la situation de la France s’améliore et les efforts demandés aux français se traduisent par une croissance de l’économie de 1,5% en 2017 et une hypothèse de 1,9% en 2018. La situation de l’emploi se redresse, les questions de la formation aux nouvelles compétences deviennent cruciales. Le déficit public a été ramené à 2,9% du PIB.

Il reste bien entendu plusieurs zones d’ombre : la baisse du pouvoir d’achat des français, le niveau de la dette, 100% du PIB, qui reste une menace, si les taux d’intérêt remontent, le réarmement industriel et commercial nécessaire de nos entreprises pour rétablir les équilibres de la balance commerciale.

Le Contexte local : Recette de fonctionnement 2018 : 85,5 millions €

Après avoir augmenté en début de mandat par deux fois et très brutalement (taux et base d’imposition) les impôts locaux (7,8% en 2015 et 3,8% en 2016), soit 4,6 millions d’€, vous nous annoncez aujourd’hui une baisse de 2,5% du taux d’imposition. Nous ne sommes pas dupes de cette gestion politique des affaires publiques. Nous aurons droit, j’imagine, en 2019 à une nouvelle baisse d’impôts et à de nombreuses inaugurations, 2020 n’est pas loin.

Pour prendre une image, « votre cassette est tellement pleine » que malgré cette baisse de 2,5% de l’impôt, le niveau d’épargne brut atteint 7,4 millions d’€ (+15%) et l’investissement, le chiffre faramineux de 38,6 millions d’€ (+70%) et cela sans toucher à l’endettement qui reste historiquement bas.

La Dotation globale de fonctionnement devrait aussi augmenter en 2018 de 1,5 millions € du fait de la création de la Métropole et vous aurez accès à des dotations de soutien à l’investissement local qui allègeront d’autant les investissements prévus par la ville. A noter, cependant la mise en place d’une nouvelle taxe par la Métropole, la taxe Gemapi qui coûtera 11€/habitant pour financer la lutte contre les inondations.

En conclusion, nous confirmons que les augmentations d’impôts de début de mandat étaient « politiques ». Elles ont réduit le pouvoir d’achat des hyerois pour vous permettre des travaux, souvent de prestige, qui urbanisent beaucoup trop notre territoire.

Dépenses de fonctionnement : 78,1 millions €

Nous observons les efforts significatifs des services pour réduire les charges à caractère général (-4,85%) et les charges de gestion courante (-3,5%)

Les dépenses de personnel se maintiennent entre 53,7% en 2017 et 54,1% du budget en 2018.
Au vu de la mutation prévisible de 300 personnes (28% du personnel) vers la Métropole en 2018, ne serait il pas utile d’avoir une vision prospective à 5 ans des départs prévisibles à la retraite et d’engager une réflexion sur l’organisation des services publics et des prestations nouvelles pouvant être proposées à la population Hyéroise?
Nous pensons en particulier à l’ouverture de Maisons des services publics dans les fractions, conformément à la loi Notre, pour rapprocher les services de la ville des administrés, plutôt que de fermer des bureaux de poste comme à Giens, l’Ayguade ou le Val des Rougieres. Ce serait un signe concret de la proximité attendue par nos administrés au moment où la Métropole se met en place.

Pour les investissements 38,6 millions €, nous soutenons les efforts de lutte contre les inondations, l’aménagement du centre ancien, la protection du littoral et tout ce qui peut améliorer la qualité de vie de nos concitoyens (propreté, éclairage, petits entretiens).

Par contre, nous souhaitons une réorientions des investissements vers deux priorités d’avenir.

La construction de logements accessibles pour les jeunes et des foyers pour personnes âgées. Si vous voulez faire revenir une population jeune, active et soucieuse d’animer la vie dans nos quartiers, il faudra la loger et lutter contre ceux qui spéculent et vident nos rues. Mais il faudra aussi préserver les terres et se donner une limite à la croissance de la ville. N’est Ce pas Mr Ritondale qui déclarait, « on va aller jusqu’à 60 000 habitants et après on s’arrête, parce qu’il faut que la ville reste à taille humaine » ?
L’innovation et la transition énergétique. Ce sont des investissements utiles aux hyerois. Je vous renvoie au rapport « développement durable 2018 » et aux investissements nécessaires comme adapter les bâtiments existants aux économies d’énergie, développer les transports doux (véhicules électriques), produire de l’énergie solaire (piscine municipale), mettre à disposition des espaces de travail en commun (co working) avec l’université et louer des terrains en friche pour de jeunes agriculteurs du lycée agricole, étendre le jardin Olbius Riquier, remplacer la salle la Villette par un bâtiment en dur et construire un port au Levant.

Enfin, le rapport d’orientation 2018 se conclut par la Métropole. Nous sommes dans une année de transition. Nous captons ici et là des informations. Nous lisons l’inquiétude dans le regard de vos adjoints et des services. Nous nous sommes déjà tout dit. Nous sommes dans le déni démocratique. Verrons nous en 2018, enfin se tenir une réunion publique pour répondre aux interrogations des hyerois. Quel type de Métropole? Quels couts? Quelle garantie pour la qualité et l’efficacité du service?

Nous sommes inquiets. Il n’est pas bon d’avancer sans objectif, sans calendrier et sans point d’étape. A la lecture de ce document d’orientation, nous nous abstiendrons de voter cette délibération.