Objet : Charte du Parc National au conseil municipal du 12 septembre 2014


À la lecture de la délibération N°2, je souhaiterais féliciter pour le travail effectué depuis plusieurs années les équipes du Parc National de Port Cros, l’ensemble des acteurs des 11 communes représentées au sein du Conseil Économique et Social, l’Etat et ses représentants, les associations nationales et les élus.

L’enjeu était de taille, d’une part assurer la pérennité de ce territoire, au patrimoine unique, d’autre part construire une articulation intelligente entre le développement économique et une exigence environnementale. Je souligne l’importance de la méthode, très décentralisée, l’écoute attentive du terrain et la prise en compte des us et coutumes. Ce n’était pas un exercice facile, mais nous apprécions le chemin parcouru.

Nous apporterons donc bien volontiers notre avis favorable à cette délibération et je voudrais saisir cette occasion pour souligner trois points :

1) L’adhésion à la Charte en juin 2015 aura pour la ville de Hyères des conséquences en terme de politique d’aménagement, de déplacement et d’éducation. Doit on attendre la signature de la Charte pour lancer des eco quartiers, une gestion intelligente de l’énergie par une diversification des sources, des transports à la demande, des pistes cyclables, des parking à vélos et des exigences en matière de recyclage des déchets? Nous soutenons également l’émergence rapide d’une ambition agricole forte (viticole, horticole, maraîchère) avec des zones agricoles protégées. Doit on attendre la signature de la Charte pour penser un tourisme durable, avec des contrats de baie, des ports propres, des pavillons bleus?

2) L’adhésion à la Charte ne doit pas nous faire perdre de vue la gestion du cœur de Parc. Le budget du Parc baisse depuis 4 ans. Cette année aura été une année très difficile. Une cantonnière pour 700 hectares, des chemins et des accès aux plages très dégradés, 350 000 visiteurs en 4 mois pour un effectif qui se réduit. Je ne vous cache pas notre inquiétude de voir ces missions encore s’élargir par extension du périmètre, sans voir les moyens augmenter. Comment ne pas s’inquiéter de constater qu’en dehors des 4 mois d’été, le 1er parc marin d’Europe se vide de sa population et entre en hibernation. Pas d’école, pas de commerce, pas d’activité hors le dernier pêcheur. Les solutions existent et nous sommes prêts à y contribuer.

3) ma troisième remarque porte sur l’opportunité offerte par cette charte, de réfléchir au futur de la métropole Toulonnaise d’environ 34 communes, 750 000 habitants, et qui va se mettre en place dans moins de 5 ans. Notre territoire, avec la Charte et 11 communes, s’impose de manière évidente comme un territoire de référence environnementale. C’est un atout formidable, pour le commerce, l’artisanat, l’agriculture, l’emploi, la préservation de l’environnement. Mais il ne faudrait pas que la concentration des moyens dans la ville centre, Toulon, et l’ambition du Pôle Mer à l’ouest, écrasent cet ambitieux projet à l’Est. Je m’étonne, par exemple, du silence de TPM sur ce projet de Charte et de l’absence d’investissement en matière de recherche ou de formation universitaire environnementale sur ce territoire.

Voilà trois remarques que nous souhaitions vous adresser pour, non pas signer une belle déclaration, mais pour mettre en œuvre rapidement l’ambition affichée par la Charte et rester fidèle à la pensée de Saint Exupery  » nous n’héritons pas de la terre de nos parents, mais nous l’empruntons à nos enfants »